22/04/2020 | 55 jours etcétéra : une anecdote = 1 € versé à Emmaüs

Cinquante-cinq jours, comme le nombre de journées que l'on aura passées confiné·e·s. (normalement). Etcétéra, pour tout ce qui a rythmé ce temps inédit. 

Je vous avais annoncé un projet. Le voici. Mais je ne vous avais pas précisé qu'il serait collaboratif. Je compte donc sur vous dans cette nouvelle aventure scribesque. Lisez plutôt la suite !

Depuis le début du confinement et la propagation du virus, je me suis souvent questionnée sur la part que je pouvais accomplir dans cette pagaille humaine, sanitaire, sociale, économique… Jusqu'au jour où j'ai zyeuté mon "journal d'une confinée" pour me dire : "et si on écrivait toutes et tous ensemble un journal de confiné·e·s ?" 

La finalité version Scribeuse ? Dans un an, tous les participants recevront ce récit numérique, sous forme de compilation hétéroclite des anecdotes reçues, relues et mises en page. Une lecture pour s’émouvoir, rire, se découvrir et surtout : confronter nos points de vue, nos retours d’expérience. 

La finalité version solidaire ? Pour chaque témoignage reçu, Scribeuse verse 1 € à Emmaüs.

 

1. Un journal de confiné·e·s collaboratif, c’est quoi ?

C’est le projet que je vous propose d’écrire ensemble pour raconter, chacun à notre manière, une anecdote marquante de ce confinement. Je l'ai intitulé "55 jours, etcétéra". Le concept est simple : vous m’envoyez votre texte, je verse 1 € à Emmaüs. Et j’aimerais pousser le jeu encore plus loin en vous demandant d’être mes rédacteurs et rédactrices de contes de faits en mission sur votre territoire (même à l’étranger). Interviewez les personnes qui sont confinées avec vous. Interviewez vos enfants (pas d'âge minimum !), vos familles, vos amis lors de vos visio-apéro. En respectant les gestes barrières et les règles du confinement, vous pouvez même interviewer votre commerçant préféré, les sans-abri qui souffrent fois 1000, vos voisins…  

À la fin du confinement (le 11 mai à Lyon, à l’écriture de ces lignes), je stopperai la réception de vos messages et je m’attèlerai à la mise en page de ce journal numérique.

Dans un an, le 17 mars 2021. Soit une année jour pour jour après le début du confinement, tous les participants recevront un exemplaire numérique de ce livre collaboratif.

 

2. C’est quoi une anecdote marquante ?

Forcément, c’est subjectif. L’anecdote marquante de ma grand-mère sera forcément différente de celle de mon neveu. Une anecdote sera marquante parce qu’elle a changé votre vision sur l’instant ou pour la vie. Parce que c’était une première fois. Parce qu'elle est aujourd'hui déjà un souvenir hilarant, émouvant, débordant de joie, cocasse… Bref, à chacun son emblème. Tout est accepté. Et rien ne sera jugé. Il doit surtout être question d’une anecdote qu’il vous paraît bon d’ancrer pour créer un apprentissage impérissable de cette période inédite. Ce truc que vous aimeriez transmettre, ce truc qui vous aidera à avancer, ce truc qui vous fera marrer en le relisant dans un an ! Vous l'avez compris : tous les styles d'écriture, tous les tons sont permis. 

  

3. Quelle est la contrainte de calibrage ?

Aucune. Nous sommes déjà confinés, je ne brimerai pas votre inspiration. Et puisqu’on parle technique : on se fiche des fautes d’orthographe et des constructions grammaticalement incorrectes. Mes p’tits yeux reliront vos missives. 

   

4. Pourquoi avoir choisi de soutenir Emmaüs ?

Le choix fut cornélien. Tant d'initiatives sont à soutenir. J'ai choisi l'une de celles qui luttent contre la précarité des plus défavorisés. Une injustice qui me touche particulièrement. D'autant qu'il est évident que ce sont les moins bien lotis qui sortiront les plus blessés de cette crise.

Aussi, j'ai choisi l'association Emmaüs car elle lance pour la première fois un appel aux dons financiers. Avec la crise sanitaire et un manque d'activité, une dizaine de structures risquent de fermer leurs portes sur les 280 existantes en France. Emmaüs estime avoir besoin de cinq millions d'euros, soit le manque à gagner de deux mois de confinement. En effet, toute son économie repose sur le tri et le recyclage des dons en nature des particuliers. Or, depuis le confinement, tous les magasins et lieux de stockage sont fermés.  

Voici ce que dévoile le site de l'association.

"Depuis maintenant 70 ans, Emmaüs agit partout en France pour accueillir, héberger, et accompagner les plus démunis dans leur réinsertion. Aujourd’hui, la crise sanitaire sans précédent qui frappe notre pays nous a contraints à cesser l’essentiel de nos activités. Tous nos compagnons et toutes les personnes en situation de pauvreté et d’exclusion que nous aidons sont aujourd’hui en danger.

Pour la première fois en 70 ans, Emmaüs fait appel à vous et à votre générosité pour ne pas laisser les plus fragiles, retourner seuls et sans ressources à la rue, face à un virus mortel.

Plus que jamais ils ont besoin de NOUS, mais pour agir chaque jour nous avons besoin de VOUS, de toute urgence.

MERCI"

 

5. Mon témoignage sera-t-il anonyme ?

C’est au choix. Vous pouvez choisir l’anonymat. Ou me permettre de signer votre témoignage avec : votre prénom, votre âge, votre lieu de confinement, votre situation de confinement (exemple : voyageur bloqué chez lui, salarié en télétravail, salarié en poste, commerçant fermé, étudiant, sans-abri toujours à la rue… Pas de catégorie prédéfinie, chacun adapte à sa situation).

 

6. Quelle est la deadline pour envoyer mon anecdote ?

Je clos la réception des messages à la fin du confinement pour tous les résidents de France, soit le 11 mai pour le moment.

 

7. Comment as-tu eu cette idée ?

Mon métier consiste à récolter des instants de vie professionnelle ou familiale pour les ancrer dans un livre et les transmettre. Je réfléchissais alors à comment articuler ce métier-passion avec un engagement solidaire au profit de ceux qui souffrent et souffriront davantage suite à cette crise globale. Puis, j’ai zyeuté le « Journal d’une confinée », ce journal improvisé que je scribe de temps en temps depuis le 17 mars dernier. Et je me suis dit que beaucoup devaient faire comme moi, chacun de leur côté. Alors pourquoi ne pas partager nos émotions ? On est déjà confinés, on ne va pas en plus isoler nos ressentis. L’idée était née.

Quand les participants recevront le livre numérique de cette aventure collaborative, je souhaite qu’ils se rendent compte que l’on était isolés chacun dans un contexte matériel bien différent et pourtant si proches de par cette situation vécue ensemble, au même moment. Pourquoi un an plus tard ? Parce que c’est tout l’intérêt de mon métier. Raviver les émotions alors que les souvenirs s’effacent déjà. 

 

8. Et si tu récoltais 5000 anecdotes, tu reverserais 5000 euros ?

Mon engagement voudrait que oui. Mais chose rare : ma comptable est une chic nana, je ne voudrais pas la faire vriller alors qu’elle est déjà submergée. Je me suis donc fixé un plafond raisonnable. S’il était dépassé (et franchement, ce serait fou mais tellement génial) eh bien je serais frustrée de ne pas pouvoir donner plus, mais tel le colibri de Pierre Rabhi, j'aurais fait ma petite part.  

Mille mercis à toutes et tous ! 

 

Considérations techniques utiles 

Envoyez votre anecdote et celles pour lesquelles vous avez joué les rédacteurs et rédactrices de contes de faits en mission à leonie@scribeuse.com avant le 11 mai 2020.

N’oubliez pas de préciser si vous souhaitez que votre témoignage reste anonyme ou si vous acceptez que je signe vos écrits. Dans ce dernier cas, mentionnez votre prénom, votre lieu de confinement, votre âge et votre situation de confinement.